Les secrets du psaume 126

שִׁיר הַמַּעֲלוֹת: בְּשׁוּב יְהוָה אֶת שִׁיבַת צִיּוֹן הָיִינוּ כְּחֹלְמִים

אָז יִמָּלֵא שְׂחוֹק פִּינוּ וּלְשׁוֹנֵנוּ רִנָּה: אָז יֹאמְרוּ בַגּוֹיִם הִגְדִּיל יְהוָה לַעֲשׂוֹת עִם אֵלֶּה

הִגְדִּיל יְהוָה לַעֲשׂוֹת עִמָּנוּ הָיִינוּ שְׂמֵחִים

שׁוּבָה יְהוָה אֶת שבותנו (שְׁבִיתֵנוּ) כַּאֲפִיקִים בַּנֶּגֶב

הַזֹּרְעִים בְּדִמְעָה בְּרִנָּה יִקְצֹרוּ

הָלוֹךְ יֵלֵךְ וּבָכֹה נֹשֵׂא מֶשֶׁךְ הַזָּרַע: בֹּא יָבֹא בְרִנָּה נֹשֵׂא אֲלֻמֹּתָי

Psalm-126-5-Wallpaper

Nous allons tenter ici une analyse du téhilim 126 selon le PaRDeS.
La Thora peut s’analyser en effet selon quatre directions : le Pchat (sens simple), le Remez (sens allusif), le Drach (l’enseignement), le Sod (le secret, révélé par la kabalah). Les initiales de ces mots forment Pardès, qui signifie « jardin – verger » en hébreu.
Ici nous ne ferons que tenter une approche et bien sûr effleurer le sujet.

1 – Le Pchat / Sens simple

Voici la traduction proposée par Rav Zadoc Kahn (1) :

1 : « Cantique des degrés. Quand l’Eternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent.

2 : Alors notre bouche s’emplit de chants joyeux et notre langue d’accents d’allégresse.

3 : Alors on s’écria parmi les peuples: « Le Seigneur a fait de grandes choses pour ces gens ! » Oui, l’Eternel a fait de grandes choses à notre égard, profonde est notre joie.

4 : Ramène nos captifs, ô Eternel, comme des ruisseaux dans le désert du Midi.

5 : Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie !

6 : C’est en pleurant que s’en va celui qui porte les grains pour les lancer à la volée mais il revient avec des transports de joie, pliant sous le poids de ses gerbes. »

(La traduction de ce psaume pose de nombreux problèmes, notamment au niveau de la temporalité. Plusieurs verbes voient leur temps modifié selon les versions (2). On y reviendra sdv.)

Verset 1 : Selon Rachi, ce tehilim fait allusion au retour des exilés de Babylone (3).

La phrase « nous étions comme des rêveurs » signifie, selon le Metzudat David, que la période d’exil de 70 ans (entre les deux Temples) leur paraît lointaine tellement la joie du retour est grande : les épreuves de l’exil de Babylone leur paraissent comme n’ayant pas été de véritables souffrances, tel un rêve (4).

Au verset 3, une traduction plus précise dirait « Achem a fait de grandes choses à notre égard, nous étions joyeux » – au passé donc – et non « grande est notre joie » ou « nous serons en joie », comme lu dans d’autres traduction.

Comment aurions-nous pu être joyeux alors que nous étions en exil ?
(C’est sans doute pour cette apparente contradiction que le temps n’est pas respecté ici alors qu’il est respecté au premier verset / « nous étions comme des rêveurs »)

A cela au moins deux réponses :

– Nous étions tellement persuadés qu’Achem nous sortirait d’exil, nous avions tellement de bitaHone /confiance en Lui, que nous étions déjà joyeux même au cœur de l’exil (5).

– Cela peut également être lu comme un enseignement : « Achem a fait de grandes choses pour nous, nous étions joyeux ». Pourquoi Achem a-t-il fait de grandes choses pour nous ? Car nous étions joyeux. La joie est décrite ici comme cause de grandes actions de D.ieu aux yeux des hommes (6).

Dans le 4ième verset, une question peut également se poser. La demande à Achem de faire revenir nos exilés comme « les fleuves du Neguev » peut paraître étrange : le Néguev – région désertique du désert de Judée en Israel – est loin d’être réputée pour ses fleuves…

En réalité, lorsque les pluies tombent dans la région centrale du pays d’Israel, les eaux s’accumulent sous terre et jaillissent quelques jours plus tard dans le Néguev. En une dizaine de secondes, la terre sèche se transforme en forte rivière (voir la vidéo en 7). Ainsi s’est produit le retour des exilés : subitement, alors que nous ne nous y attendions pas…


2- Le Remez / Sens allusif


Il existe plusieurs catégories de psaumes. Celui là fait partie de ceux débutant par les mots « Chir Amaalot – Cantique des dégrés ».

Il existe 15 « Psaumes des degrés » dans le livre des Tehilim, du N°120 au N°134. Ces psaumes représentent 15 étapes ou degrés d’élévation spirituelle. Ils étaient récités par les hébreux lorsqu’ils montaient en pèlerinage à Jérusalem et par les cohanim, au Temple, lorsqu’ils montaient les 15 marches séparant le « Parvis d’Israel » de la cour des femmes (8). (Voir photo)marches

Les Léviim, également, jouaient de leur instrument respectif sur ces 15 marches. (9)

Le Raddak nous enseigne que le mot « Maalot » est utilisé dans le sens de monter, de sortir du gouffre de l’exil pour monter en Israël. L’exil et ses souffrances sont ainsi des notions récurrentes dans ces 15 cantiques.

L’allusion délivrée à travers ces Psaumes est qu’il faut placer sa fidélité en Achem en étant certain qu’Il nous sortira de l’Exil pour monter en terre d’Israel, avec le Temple reconstruit. Le Midrash Rabba (10) nous enseigne à ce propos que Yaakov Avinou disait toutes les nuits, lors de son exil chez Laban, les 15 Chir Hamaalot.

Le chiffre 15 possède de nombreuses dimensions. Les lettres Youd et Hé (valeur numérique : 10 et 5) constituent l’un des noms d’Achem. La tradition nous enseigne que notre monde a été créé avec la lettre « Hé » et le monde spirituel avec la lettre « Youd ». Nos sages nous enseignent aussi qu’en rapport aux 15 Chir Hamaalot, nous trouvons 15 louanges dans le Kaddich, 15 louanges dans la bénédiction qui suit le Kriat Chéma du matin, 15 mots dans la bénédiction des Cohanim, etc. Si l’on fait le total des versets des 15 “Chir Hamaalot” cela donne 101 versets, valeur numérique du nom de “l’ange” d’Israel : Michael (11).


3 – Le Drach / Enseignement

Une autre délivrance a eu lieu dans l’histoire juive, celle d’après la seconde guerre mondiale, lorsque les rescapés de la Shoah ont enfin pu se rendre en Israel.

Ces survivants qui « rentraient » en Terre Sainte après les camps, entonnaient ce Psaume lorsqu’ils apercevaient de leur navire le mont Carmel :

« Nous chantions le Psaume 126 qui semblait écrit pour cette circonstance, le retour des captifs de Sion vers la Terre Promise. Les captifs que le Seigneur ramenait enfin libres en Israel, c’était nous ! Le rire qui emplissait la bouche du psalmiste, voici 2500 ans, était notre rire et notre langue chantait son chant ! » (12)

L’enseignement que ce Téhilim peut nous apporter serait donc un appel au retour sur la Terre de nos ancêtres.

L’ ancien grand rabbin de Constantine (13) lisait ce psaume comme un dialogue entre les Juifs vivant en exil – les spectateurs et les résidents d’Israel – les acteurs  :

Lorsque l’Eternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent /
Pour ceux résidants en dehors d’Israel, la reconquête du pays et le retour de la nation d’Israel sur sa terre paraissent comme un rêve.

Alors notre bouche s’emplit de chants joyeux et notre langue d’accents d’allégresse /
Pour les résidents d’Israel, le temps est aux chants et à la joie sur la terre sainte.

Alors on s’écria parmi les peuples: « Le Seigneur a fait de grandes choses pour ces gens ! » /
A la vue des miracles qu’Achem accomplit en Israel (retour des exilés, la terre redonnant ses fruits etc), les Juifs de l’étranger disent « D.ieu accomplit de grandes choses pour eux !».

Oui, l’Eternel a fait de grandes choses pour nous, profonde est notre joie /
Sur la terre d’Israel nous pouvons voir de nos yeux l’avènement messianique et nous en réjouir au présent.

Ramène nos captifs, ô Eternel, comme des ruisseaux dans le désert du Midi /
Symbole des prières maintes fois répétées au quotidien par les Juifs en exil, qui attendent qu’Achem les ramène en Israel… Et qui n’ont parfois pas le courage de monter de leur propre moyen.

Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie ! /
A cette prière leur répondent les israéliens : tout comme le travailleur qui récolte enfin les fruits de son labeur, nous avons tant souffert durant ces 2000 ans d’exil, il est temps de se réjouir maintenant !126 bis

 – C’est en pleurant que s’en va celui qui porte les grains pour les lancer à la volée…/
Il est difficile de monter en Israel, de quoi demain sera fait ? Nous sommes si confortablement installés à l’étranger…

mais il revient avec des transports de joie, pliant sous le poids de ses gerbes ! /
Venez sur votre terre ! Même si cela est difficile au départ, nous récoltons la joie et nous      plions sous le poids des bienfaits d’Israel.


4 – Le Sod / Sens caché

En jour de semaine, avant le birkat amazone, il existe une coutume de lire « Al naarot bavel », psaume de tristesse concernant la destruction du Temple. Le jour du shabat (et pendant les fêtes), nous avons l’habitude de réciter le psaume 126. L’une des explications est que le jour de repos de la semaine est également une allusion à l’époque messianique, lorsque le monde sera « entièrement chabat » (14).

Nous pouvons donc lire ce psaume comme l’annonce de ce qui se passera à l’époque messianique… Plusieurs indices et commentaires nous permettent de suivre cette piste :

  • « Nous étions comme des rêveurs » : L’exil est comparée au rêve, au cours duquel deux éléments antagonistes peuvent se manifester simultanément (15). Avant la révélation messianique, le bien et le mal cohabitent de façon quasi-naturelle dans nos vies; ce qui ne sera plus le cas après Mashiah, où « Achem sera Un, et Son Nom sera Un » (16).
  • Le psaume 126 répète le mot « Az » (Alors), de valeur numérique 8. Ce mot fait allusion au 8ième millénaire, à la fin des temps (17). Ce chiffre évoque également le surnaturel (huit branches de la Ménora, huit jours de mila etc), par opposition au sept, qui correspond au cycle hebdomadaire.
  • Rabbi Shimon bar YoHaï développe dans la Guémara (18) : ce sera uniquement lorsque le Temple sera rebâtit et lorsque les nations du monde reconnaîtront que « D.ieu a fait de grandes choses pour eux » que l’on pourra véritablement rire, comme il est écrit dans le Téhilim « Alors notre bouche s’emplira de rires ». En attendant, « il est interdit à un homme d’emplir sa bouche de rires ». Ce n’est qu’« alors », au 8ième millénaire, que nous pourrons enfin être pleinement joyeux (et spécifiquement liés à notre ancêtre YtsHak, dont le nom évoque étymologiquement le rire et dont la valeur numérique est de 8 x 26) (19).
  • Achem a fait de grandes choses pour eux” : selon le OrHot Tzadikim, cela fait allusion à l’époque où reviendra la « SheHina / Présence divine » à Tsion, lorsque les nations reconnaitront elles-mêmes que les événements mondiaux furent dirigés par Achem (20) et qu’il ne s’agissait pas de hasard (21).
  • Rachi commente le verset « Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie» de la façon suivante : les Juifs sèment de bonnes actions en exil et il peut parfois leur arriver de le faire en pleurant dans la souffrance. Lorsque la délivrance sera effective, ils en recevront la rétribution en chantant joyeusement et ces larmes se transformeront en joie devant le salaire futur. De même, selon le Metsoudat David, la « récolte » sera celle de nos mitsvot lors de la délivrance finale.
  • « Alors ils diront parmi les nations : D.ieu a agrandi » : Le Or HaTorah explique que la lumière du MashiaH proviendra des étincelles de sainteté que les Juifs auront élevées pendant l’exil. Ainsi, l’élévation spirituelle faite au sein des nations conduira à une grandeur supplémentaire du Nom : « D.ieu a agrandi » (22). 
  • « Il revient avec des transports de joie, pliant sous le poids de ses gerbes » : lorsque sa mission sera terminée ici bas, il pourra chanter joyeusement en observant les nombreuses « récoltes » qu’il aura obtenu, grâce à cette lumière (23).

Ainsi, de très nombreuses références expliquent que ce psaume fait allusion au temps futurs. Pour ces raisons, le mouvement sioniste-religieux chante ce Tehilim le soir de Yom Aatsmaout avec l’air de la Tikva : ce jour représente le début de la délivrance finale.
Il existe une autre facette, également passionnante, de ce psaume.
Il s’agit de l’allusion à la resurrection des morts.

psalm

Le Talmud nous dit : “Le jour des pluies est aussi grand que le jour du retour des exilés” (24) : nous retrouvons l’allusion du tehilim qui demande à Achem de faire revenir ses exilés comme les fleuves du Neguev : de même que les fortes rivières du Neguev se forment de façon inatendue, ainsi l’époque messiannique se révèlera de façon instantanée, telle une terre aride où personne ne pouvait parier que, quelques secondes après, elle gorgerait d’eau.

La Guémara compare ensuite le jour des pluies au jour de la resurrection des morts (25).

Le psaume 126 peut ainsi être lu comme les retrouvailles entre les défunts et leurs proches, de ce guilgoul et des autres, lors de la resurrection des morts (ou avant, grâce à la force de ce tehilim – allusion à cela dans le mot “rêveurs”) (26) :

Lorsque l’Eternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme des rêveurs. / Lorsqu’aura lieu la resurrection des morts nous comprendrons que la separation entre les vivants et les morts n’était qu’un rêve, une illusion.


Alors notre bouche s’emplira de rires et notre langue d’allégresse. /
Joie des retrouvailles entre les vivants et leurs êtres chers disparus.


Alors on s’écria parmi les peuples: « Le Seigneur a fait de grandes choses pour ces gens ! » Oui, l’Eternel a fait de grandes choses à notre égard, profonde est notre joie. /
Reconnaissance des nations du monde de la grandeur de D.ieu face à ce miracle immense.


Ramène nos captifs, ô Eternel, comme des ruisseaux dans le Neguev.
/
Fais revenir nos morts de façon rapide et soudaine tel les fleuves du Neguev, qui redonnent la vie, en un instant, là où il n’y avait que mort et désolation. De même le prophète Ezechiel compare les exilés à des os desséchés qui reprendront vie (27).


Ceux qui ont semé dans les larmes, ils récolteront dans la joie.
/
Ceux qui ont enterrés leurs proches dans les larmes, les retrouveront dans la joie.

 

Aller il ira en pleurant, il porte les grains et les lance à la volée ; Venir il viendra dans la joie, pliant sous le poids de ses gerbes. /
Les sentiments de tristesse lors du départ (de ce monde) sont comparés aux sentiments de joie lors des retrouvailles. La résurrection des morts est d’ailleurs comparée à la graine que l’on met en terre, qui pourrit… pour mieux repousser.

Que nous puissions avoir le mérite d’accueillir Mashiah bientôt, de nos jours, amen.


Références :

1 – « La Bible de Jerusalem » (traduction sous la direction de Rav Zadoc Kahn)
2 – Version Louis Segond, Samuel Cahen ou John Darby (http://www.judeopedia.org/)
3 – Comment David Ameleh a-t-il pu parler de l’exile de Babylone ?
La Guémara Baba Batra 14 b nous enseigne que le livre des Psaumes a été composé par dix sages. Mais le Ben Ich ‘Haï dans son livre Bénayahou commente cette Guémara et nous explique que : David est l’auteur de la majorité des psaumes et qu’il a retrouvé par esprit saint tous les psaumes qui ont été prophétisés par les autres sages. Ainsi David a compilé et écrit le livre des Téhilim tel que nous le connaissons aujourd’hui. (www.universtorah.com/ns2_dossier-1749-le-duo-tehilim–les-15-chir-hamaalot.htm)
4 – Un rêve peut-il durer 70 ans ? Explications dans le Zohar Emor Chapitre 22
5 – Metzudat David
6 – Hassidout / rapporté par le rabbi de Loubavitch
7 – https://youtube.com/watch?v=z8X4UCQoBd8
8 – http://fr.wikipedia.org/wiki/Cantiques_des_degr%C3%A9s
9 – Soukka (5, 4) : les jours de « Sim’hate Bèt Hachoéva » : « Les ‎Léviim, avec les harpes, les luths, les cymbales, les trompettes et des instruments de chant innombrables, [jouaient] sur les 15 degrés ‎‎(marches) qui descendaient du parvis d’Israël à celui des femmes.
10 – Midrash Rabba / Béréchite (74,11)
11 – http://www.universtorah.com/ns2_dossier-1749-le-duo-tehilim–les-15-chir-hamaalot.htm
12 – André Chouraqui
13 –  Le rav Charbit
14 – Référence à la demande ajoutée le chabat dans le birkat amazone : « Puisse le Miséricordieux nous faire hériter de ce jour qui sera entièrement Chabbat et repos pour une vie éternelle.
15 – Torah or, 28c
16 –  Zacharie 14, 9
17 – Zohar Akadoch
18 – Guémara BraHot page 31a
19 – Sefer AsiHot 5748, tome 2, page 146
20 – Pele Yoets
21 – Metzudat David
22 – Or HaTorah Mikets p. 2202
23 – Chaareï Techouva, page 64b
24 – Guémara Taanit 8b
25 – “Le jour des pluies est plus grand que le jour de la resurrection des morts” (Massehet Taanit 8b) : selon la kabbalah, ce jour là des âmes redescedent dans les plantes
26 – Kabbalah
27 – Ezechiel (37; 3 – 14)

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