Keep on keeping on (L’éternelle quête)

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« Ben Bag Bag dit : ‘Creuse-la [la Torah] et creuse-la encore, car tout s’y trouve ; scrute-la profondément, grandis et vieillis auprès d’elle et ne t’en défais pas, car tu n’as pas plus édifiant qu’elle’. »  (1) 

A titre informatif le mot hébreu pour « creuser » (qui a également été traduit par « sonder ») est afoH, qui signifie littéralement « retourner ».

Cette sentence est riche de sens…

On y apprend essentiellement que toutes les solutions se trouvent déjà dans la Thora. En effet, il est mentionné à plusieurs reprises dans nos textes que « La Torah a précédé la création du monde » (2), « D.ieu a considéré la Torah et Il a créé le monde, elle a été l’outil de Son œuvre » (3) ou « Lorsque Achem a créé Son monde, Il a regardé dans la Tora et a créé le monde » (4). Cela signifie que les ‘solutions’ (divines) ont été créées avant les ‘problèmes’ (humains) : s’il y a un problème c’est que la solution existe, par définition.

Cela veut aussi dire qu’il existe dans nos textes, sous nos yeux, des solutions à de futures questions (que l’on ne se pose pas encore), puisque les enseignements de la Thora possèdent un caractère intemporel. Par exemple, si certains cas du Talmud pouvaient paraître surréalistes à l’époque de sa rédaction (il y a 2000 ans), aujourd’hui nous nous y appuyons pour des décisions contemporaines (conception in vitro, cellules souches, OGM, bioéthique…).

« La Thora de D.ieu est complète » (5)

Ainsi, si l’on ne trouve pas de réponse à une question (humaine, médicale, juridique…) ce n’est pas parcequ’elle n’existe pas dans la Thora mais parcequ’on ne l’a pas -encore- eu le mérite de la trouver. (6)

Un rav (7) a expliqué le passage précité d’une belle façon : la Thora est comme une lettre d’amour. Si vous recevez une déclaration de votre bien-aimé(e), vous la lisez attentivement, la re-lisez, faites attention à la moindre virgule et tentez de comprendre exactement ce que votre amant a tenté de vous dire. Il en est de même pour la Thora…

Un passage du Talmud (8) vient appuyer cette idée :
« Si l’on te dit: « j’ai travaillé mais je n’ai pas trouvé », ne le crois pas. Si l’on te dit: « je n’ai pas travaillé et j’ai trouvé », ne le crois pas. Si l’on te dit : « j’ai travaillé et j’ai trouvé », tu peux le croire. »

Il faut donc chercher, sans cesse. Chercher le sens d’un verset, chercher la sainteté dans nos vies, chercher l’explication d’une mitsva, chercher le pourquoi du comment. La valeur numérique du mot Homme / « Adam » (45) est la même que celle du mot « Ma », qui symbolise la question. Si quelqu’un ne se pose plus de questions, il n’est tout simplement plus appelé « Homme ».

Remarquons également que dans notre dernière citation, le mot pour dire « j’ai trouvé » est Matsati. Une « Metsia » en hébreu est une trouvaille, quelque chose sur lequel on ‘tombe par hasard’. Le système divin de « mérite » n’est pas le même que le notre. Si l’on trouve une réponse, il faut le considérer comme un cadeau du ciel, d’où l’appellation de « trouvaille » (9).

Le rav Haym de Volozhin développe cette idée. Il explique (10) que tous les secrets et allusions de la Thora sont très clairs mais voilés à nos yeux, c’est la matérialité qui nous empêche de les percevoir : elle crée une séparation, qui tombe uniquement si l’Homme s’investit réellement dans l’étude… Ensuite apparaîssent à lui des choses « évidentes », qui étaient sous ses yeux depuis le début.

« Vous vous mettrez en quête de moi et vous me trouverez, oui, si vous me recherchez de tout votre cœur » (11)

Lorsque quelqu’un finit d’étudier la Thora (dont la dernière lettre est le Lamed), il est appelé à reprendre directement son étude à Béréchit (dont la première lettre est le Beith), comme il est pratiqué à SimHa Thora. Les deux lettres forment le mot Lev / Coeur… Ce n’est qu’en apprenant sans cesse que notre coeur pourra être positivement influencé. (12)

Le rav Benchetrit explique également cela : la majorité des amusements (télévision, presse…) changent constamment pour garder l’attention du public, contrairement à la Thora. La différence est que face à la télévision par exemple, l’Homme ne change pas puisque le changement se fait dans le poste. Face à la Thora, l’Homme est appelé à changer. L’étude nécessite réflexion, donc évolution.

Un dernier point : ne râlez pas après les rabbins qui ne vous donnent pas de réponses satisfaisantes. Le verset dit « creuse la Thora et creuse la encore » : il est formulé à la deuxième personne du singulier…

Il s’adresse donc à chacun d’entre nous, personnellement.

Oui, oui, à toi aussi 😉

Références :

1 – Michna Avoth 5 ; 21
2 – Traité Avoda Zara 9a
3 – Zohar I 24
4 – Midrach Tan‘houma Berèchith
5 – Tehillim 19; 8
6 – Rav Bellahsen
7 – http://knowthewords.blogspot.fr/2008/03/ben-bag-bag-omer.html
8 – Traité Meguila 6b
9 – Explication du Rabbi de Loubavitch
10 – « RouaH Haym » Avot; 86 / 41
11 – Jeremie 29 ; 13
12 – Rav Pinches Friedman

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