Les sacrifices sous un nouvel angle

mizbeach

Pour comprendre pleinement ce texte, il est crucial de prendre connaissance de deux autres articles :

– L’importance de l’harmonie entre le corps et l’esprit

– L’idéal avant toute prise de décision

D’après une étude du rav Pinches Friedman.

La paracha Vayikra, qui traite des sacrifices, indique que celui qui avait fauté devait emmener un sacrifice au Tabernacle / Temple, placer ses mains sur la tête de l’animal (semiHa) et avouer oralement ses fautes (1). 

Le mot korban / sacrifice, provient de la racine קרב / se rapprocher : le but du sacrifice était de se rapprocher d’Achem (le fauteur devait avoir en tête que l’on faisait à l’animal ce qu’on aurait du lui faire à lui, mesure pour mesure).

Nous étudierons ici un seul aspect du korban apporté après une faute, celui de poser ses mains sur la tête de l’animal, entre les cornes – non sur le cou ou sur le côté (2) – et de s’appuyer dessus, ce qui faisait partie intégrante de la procédure du sacrifice (3).

Que cela symbolise-t-il ?  

Comme nous l’avons déjà vu, le cerveau doit être le lieu de la prise de décision. L’intelligence doit ensuite influencer le cœur, qui affectera l’action de la personne (représentée par le foie). Ainsi, l’homme a été créé pour qu’il parvienne à placer sa raison au dessus de ses sentiments (4).

Le but du Yester Ara (mauvais penchant intérieur) est de couper cette connexion et d’inverser la prise de décision. Si un homme faute, c’est que le lien entre la tête et le coeur a été rompu : « Un homme ne faute que si un esprit de folie s’est emparé de lui » (4′).

Le principe de l’étude de la Thora est de rétablir l’ordre des choses… Encore faut-il que cette étude puisse pénétrer le cœur et ne pas rester au stade intellectuel. Si la Thora ne reste qu’intellectuelle, la connexion avec le cœur est coupée et le danger que le corps prenne rapidement le dessus est grand.

En posant ses mains sur la tête du sacrifice, le fauteur réalise qu’il n’a pas utilisé sa tête comme un homme mais comme un animal; celui qui transgresse volontairement un commandement ressemble à l’animal en faisant passer ses émotions avant son intellect.

D’ailleurs un animal possède ces trois pôles de prise de décision sur un même axe horizontal, contrairement à l’Homme dans lequel apparait d’abord la tête puis le coeur et enfin le foie.

Le Kli Yakar (5) propose une belle explication sur le fait que les sacrifices dus à une transgression (Olah et Hatat) étaient effectués sur le côté Nord du Parvis du Temple : les réchayim n’ayant écouté que leur cœur (qui se situe à gauche du corps humain), l’emplacement de leur sacrifice sera à gauche du Parvis, coté Nord.

« Les réchayim (impies) sont contrôlés par leur cœur alors que les tsadikim (justes) le contrôlent » (6)

Comme expliqué dans les articles précédant, le but de la vie est de devenir un מלך / MeLeKh / Roi en suivant d’abord son Moah (cerveau) puis son Lev (cœur) et enfin son Kaved (foie), sans inverser les priorités… Tossefot (7) explique ainsi que la malédiction de Bilaam, qui avait été engagé par Balak pour maudire le peuple d’Israel, devait être constituée de trois lettres : «  כלם / KaLeM / annihile les ». C’est effectivement la pire des malédictions que l’on puisse souhaiter à quelqu’un, que sa vie suive l’ordre Kaved (foie) – Lev (cœur) – Moah (cerveau). Tossefot explique que finalement Achem a inversé l’ordre des lettres et Bilaam a émit malgré lui une bénédiction au peuple d’Israel en prononçant le mot MeLeKh.

Enfin, le Zohar (8) explique les différentes parties de l’âme selon le peuple Juif : le Cohen représente la Neshama, le RouaH symbolise le Lévi et le Néfèch, Israel. Suivant cet ordre, il devient clair que le Cohen doit influencer le Lévi, qui influencera à son tour le peuple d’Israel… La tête éclaire le corps et le Cohen enseigne la Thora au peuple. C’est pour cela que l’ors d’un sacrifice, ces trois composantes étaient réunies, « les Cohanim par leur travail, les Léviim sur leur plateforme et Israel à leur poste » (9).

Que faire maintenant que les sacrifices ont disparu ?

Le Talmud (10) nous donne la réponse :

En plus de la téchouva (repentir sincère), « celui qui étudie les lois des korbanot est considéré comme s’il avait vraiment apporté ces sacrifices », comme il est écrit (11) « nous payerons (notre dette, dans le sens de ‘remplacerons’) nos taureaux par nos lèvres » (12).


Références :

1 – Vayikra 1 ; 4
2 – Rambam (Maasé Akorbanot 3 ; 13-15)
3 – Guémara Yoma 36a
4 – Tanya / Likouté Amarim (Chapitre 16)
4′ – Rech Lakich, Traité Sota (3a)
5 – Commentaire sur Vayikra 1 ; 3
6 – Midrash Berechit raba (34 ; 10)
7 – Guemara Avoda Zara 4b
8 – Tikounei Zohar (140b)
9 – Guemara Yona 53a
10 – Guemara MenaHot 110a
11 – Ochea 14; 3
12 – Traduction de rav Ménaché (livre Berechit, l’universalité d’un mot)

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