Pourquoi se déguise-t-on à Pourim ? (Les vêtements dans la Thora)

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Adapté d’un chiour de Yitshak Drai (Ohel Torah)

« Tu feras confectionner pour Aaron ton frère des vêtements sacrés, pour l’honneur et pour la majesté. » (1)

La paracha de Tetsavé, qui traite des habits du Cohen Gadol est toujours lue vers Pourim, fête durant laquelle nous avons l’habitude de nous vêtir de déguisements. De plus la Guémara (2) explique qu’il y a une similitude entre les descriptions des vêtements du Cohen Gadol et ceux du roi AHachvéroch (Assuérus) : le même mot, «tiphérèt» (splendeur), est utilisé pour décrire les deux tenues. Rabbi Yossi bar Hanina en déduit que le roi AHachvéroch portait les habits saints du Cohen Gadol ce jour décrit dans la Méguilat Esther, le 180ièm jour de son festin.

Quelle est l’origine des vêtements ? Après la faute, Adam et Hava « surent qu’ils étaient nus » (3) et fabriquèrent le premier vêtement de l’Histoire. Le mot hébreu pour « habit » est בגד / BéGuèD et a la même racine que le verbe לבגוד / trahir. Nous employons par exemple ce terme lors des taHanounim / supplications (BaGaDnou).

Nous constatons ici deux points essentiels : les vêtements proviennent d’une «trahison» et à présent ils sont eux-mêmes source de « traîtrise » (quoi de plus traître qu’un habit?). Cela pourrait être mis en relation avec la phrase (4) « Une avéra / trangression entraîne une avéra ».

En se penchant sur le mot hébreu בגד (habit) nous remarquons qu’il est composé des premières lettres de l’alphabet : beth-guimel-dalet, sans le Aleph du début. Cette lettre, qui a pour valeur numérique 1, symbolise Achem. Cela vient notamment nous rappeler que c’est « l’oubli » d’Achem qui a provoqué l’apparition du vêtement.

Revenons aux Cohen Gadol. Une préparation sans faille était requise avant qu’il ne se présente dans le Saint des saints le jour de Kippour, sous peine de mort. A l’opposé, si un homme se présentait devant le roi AHachvéroch sans se faire annoncer, il risquait la mort.

AHachvéroch portait les habits du Cohen Gadol pour sa gloire personnelle, le Cohen les portait pour glorifier le nom de D.ieu sur terre. Ainsi un vêtement peut être vu comme un outil de rebellion envers Achem ou pour expier la faute originelle de « trahison ».

C’est donc, entre autres, pour bien orienter notre pensée que la Thora nous donne tant de lois sur les habits : la tsniout / pudeur, les tsitsit, l’interdiction de mélanger le lin et la laine…

A Pourim (qui tombe 6 mois après Kippour), en changeant de vêtement pour la journée, essayons de nous rappeler qui sommes-nous vraiment derrière ces façades qui trahissent tant les autres (et nous même).

« Tout celui qui méprisent les vêtements, le vêtement ne le respectera plus » (5)
« Tout sage qui a une tâche sur son vêtement mérite la mort » (6)

Le matin, posons-nous la question :
Que cherchons nous lorsque nous nous habillons ?
A honorer Achem ou nous-même ?

Références :

1 – Tetsave (28 ; 2)
2 – Guemara Meguila 12a
3 – Berechit (3 ; 7)
4 – Pirke avot (4 ;2)
5 – Guemara BraHot 62b
6 – Guemara Chabat 114a
Cours sur ce sujet :
oheltorah.free.fr/paracha/5759/tetsave.htm

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